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On ne peut pas argumenter avec un technocrate convaincu parce qu’on n’a pas le même langage

Dans tous ces cas, je me suis rendu compte qu’on n’en savait pas assez sur l’Europe, qu’on ne savait pas argumenter avec un technocrate convaincu parce qu’on n’avait pas le même langage, ni les mêmes références et que, pour les confronter sur leur terrain, il fallait se fondre dans la masse et retourner pour ainsi dire la logique néolibérale dominante, par une Europe qui travaille pour les citoyens européens, une Europe qui puisse être un exemple pour la démocratie, la liberté d’expression, le bien-vivre et les biens communs.

J’ai aussi assisté à tellement de répression policière à l’échelon national, que ce soit ici en Belgique, en Grèce, au Portugal, en Espagne, France, Italie et Allemagne; partout depuis 2008, j’ai constaté une baisse du respect des droits de l’homme, une augmentation de l’usage de la force brutale et d’armes non léthales (mais qui ont fait des morts quand même, sans parler des suicides), des expulsions en Espagne et en Grèce, les impositions de mémorandum par des technocrates non élus… Tout cela m’a beaucoup bouleversé et j’ai voulu faire quelque chose.

Citoyen Reporter : combler le vide médiatique sur l'Europe

La mise en pratique d’une idée simple couplée à un engagement personnel où le citoyen s’engage avec son corps et son esprit pour chercher l’information, comprendre la réalité qui nous entoure, pour mieux la raconter avec les outils et la technologie de communication de notre époque.

« Le citoyen reporter pour moi, c’est une personne qui fait la démarche d’en savoir plus par elle-même, qui ne va pas hésiter à construire quelque chose pour arriver à ses fin : un outil manquant, l’utilisation d’une technologie de manière innovante, la mise en pratique d’idées simples couplées à un engagement personnel où le citoyen s’engage avec son corps et son esprit pour chercher l’information, comprendre la réalité qui nous entoure, pour mieux la raconter avec les outils de notre époque. EUwatch est un de ces outils », nous confie Ricardo Mendes, le créateur de EUwatch.

Citizen reporter: Ricardo Mendes, créateur de EUwatch

Je vois un EUwatch en 28 langues avec des citoyens un peu partout en Europe qui produisent, créent et font tourner de l’information

Quid d’EUwatch après les élection? Tout d’abord, subir une restructuration et un questionnement de fond sur l’utilité ou non d’un site de plus sur l’Europe.

Quand je suis optimiste, alors je vois un EUwatch en 28 langues avec des citoyens un peu partout en Europe qui produisent, créent et font tourner de l’information sur le portail toute une série de thématiques, en plusieurs langues : une sorte de média européen multilingue qui couple de l’information officielle, blogs, réseaux sociaux et articles ou contenu créé par des utilisateurs inconnus qui ont eu le mérite de créer et diffuser leur propre analyse sur des sujets qui nous concernent tous.

Quand je suis pessimiste, je me dis qu’après les élections, je ne suis pas certain de pouvoir le maintenir en vie; ça me coûte des moyens que je n’ai pas forcément. C’est un travail qui a duré 1 an, à hauteur de quelques heures par jour et beaucoup d’entretien et de manutention. A ce moment-là, je me dis que je devrais chercher des financements, des fonds, des collaborateurs/trices et décentraliser l’accès à l’administration du système pour que cette charge ne soit plus sur une seule personne.

Ma vision est peut-être d’en faire un portail d’information sur l’Europe où se croisent informations officielles, citoyennes et d’experts sur toute les thématiques qui font partie du débat politique et citoyen, que ce soit à une échelle nationale ou européenne. Je veux aussi que cette Europe change de vision; pour cela, j’hésite de plus en plus à m’intégrer dans un parti politique existant (même si j’ai du mal à me sentir représenté actuellement) ou peut-être à construire un nouveau parti politique qui ait une vision sur l’Europe et le monde qui correspond à celle de ma génération : une génération defacto européenne, qui est née, qui a grandi et qui a vécu l’Europe comme peut-être aucune autre génération ne va le vivre !

Ricardo Mendes

ce qui me motive : Je suis militant indépendant

Je suis militant indépendant. J’ai été très impliqué, en 2011, dans la mouvance dite : « les indignés ». Nous préférons nous appeler « le mouvement du 15M » (pour 15 Mai, jour de sa naissance en Espagne en 2011).

J’ai aussi été impliqué dans « Comités contre l’Austérité en Europe » qui, en belgique, tente de faire un pont entre syndicats, citoyens, mouvements sociaux, et j’ai pu voir de très près quel était la rhétorique et les arguments utilisés sur un tas de sujets qui se décident à l’Europe, dont les Etats n’ont plus le contrôle dans les faits. J’ai aussi pu constater de très près la frustration de se faire renvoyer entre le parlement bruxellois, puis le régional à Namur, puis l’européen à Strasbourg où, dans chacun de ces endroits, tout le monde se renvoie la balle ou va dire que c’est « la ligne du parti » et qu’ils doivent s’aligner dessus; j’ai vraiment vu les dysfonctionnements d’un système qui, par son architecture, n’est pas au point et devait s’adapter Aucun parti politique n’est vraiment capable de relayer les intérêts citoyens face aux lobbys et grandes multinationales qui, en final, ont beaucoup plus d’impact sur les textes votés que les citoyens eux-mêmes alors que ces derniers sont en première ligne pour en subir les conséquences, parfois désastreuses comme cela a été le cas sur les mesures d’austérités et leur impact dans le sud de l’Europe.

C'est quoi EUwatch ?

L’objectif d’EUwatch est de diffuser de l’information sur des sujets européens, produite par les Institutions, mais aussi par des blog critiques ou des sites qui ont un regard sur les coulisses de Bruxelles et qui s’expriment sur différents sujets (protection des données, lobbying, OGM etc..) qui peuvent potentiellement intéresser tous les citoyens; « critique » ici ne signifie pas euro-sceptique ou anti/contre, mais est à entendre dans le sens de confronter de l’information officielle avec de l’information générée par le réseau, par des gens comme vous et moi, mais aussi des ONG’s et des associations de défense de consommateurs.

a short History of EUwatch communication project

History : EUwatch started has a personal project in 2012 to better GET information from Europe principal institutions, parliament, council and commission. I wanted to have Europe in my pocket using twitter has a main source of information. I wanted to be able to know what debate, law, vote would be happening ahead of time, to be able to interact with it and let anyone find the same information quickly and very simply using social media.

Then i wanted to also get critical information, papers, blog post about individuals thinking and writing about Europe.  This is how the first page of EUwatch was born : www.euwatch.eu a mix of official & critical information in one single page powered by more then 60 established sources of information (EU institution websites, blogs & critical papers & columns in online press)

The second part of the project was born when we opened the page to monitor the European Elections of May 2014 and invited citizens across Europe to use this page to engage and interact with MEP's and candidates and exchange information and important matters & view points between users.  http://ep14.euwatch.eu

the third part of the project was born has a direct result of astounding surveillance allegations from the #NSA on the whole internet and the non reactions from Members States and the Mainstream Press in general about the deep effect of these issues on #Democracy has we know it. http://prism.euwatch.eu

The fourth part of our communication project was also a direct reaction to the ongoing #TTIP shadow trade negotiations happening all around the world, amid the surveillance & data privacy breach scandals all over the planet, we needed a simple way to monitor what's being said & shared about the Trans-Atlantic Free Trade Agreement & Investment ( #TAFTA or #TTIP among others short name used on social networks) http://ttip.euwatch.eu

The fifth part of our communication project was to be able to understand what are European Parliament Representatives personally  talking and acting inside the EU parliament : http://mep.euwatch.eu and http://candidates.euwatch.eu to monitor & engage with European commission presidency candidates and on the same menu with all MEP's candidates for each political group

This Information monitoring system allows any citizens to stay best informed about EU matters, engage in EU debates confront elected representatives with issues they care about, pressure the Commission or the Parliament about issues they feel are under reported in each Members States and mostly produce a national debate about the role of Europe for the future generations to come.


 


#Euwatch Pour pouvoir mieux en débattre dans toute situation

J’ai donc commencé par mapper toute cette information, à comprendre la structure des institutions européennes, leur flux d’information pour en prendre une sélection sur chaque type de politique (commerce, santé, éducation, agriculture ) mais aussi, au jour le jour, via les communiqués de presse, les suivis de négociations, les votes au PE, les votes à la Commission et au Conseil; je voulais avoir un aperçu de tout ce qui s’y préparait pour mieux l’intégrer dans ma perception et mieux comprendre pour pouvoir mieux en débattre dans toute situation où je serais amené à parler de l’action européenne. Le résultat, c’est www.euwatch.eu qui parle d’Europe en couvrant une vaste zone de sujets et puis, pas moins de 21 sous-sites qui sont dédiés à des sujets très précis comme le TTIP par exemple : http://ttip.euwatch.eu ou encore les élections européennes :http://ep14.euwatch.eu ou bien encore la protection des données et l’impact de la surveillance de masse de la NSA sur l’Europe et sur le monde : http://prism.euwatch.eu et la liste continue, tous ces sites sont disponibles via le menu de www.euwatch.eu qui sert un peu de point de départ pour se brancher sur toutes ces thématiques.

Via mon accès aux réseaux militants, j’ai accès à ces voix citoyennes

Je voulais pouvoir investir le petit cercle bruxellois européen, la « EU bubble » avec des informations citoyennes, des points de vue citoyens. Petit à petit s’est dessiné mon objectif second : relayer les voix citoyennes en plusieurs langues lors des élections européennes. Et donner moins de place à l’information officielle en me disant : il faut savoir construire de l’information qui puisse être lue par des technocrates de la Commission; il faut savoir atterrir sur le devant de la scène avec des opinions qui vont peut-être à l’encontre de toute une société, mais qui doivent être dites, qui doivent être relayées parce qu’elles viennent de citoyens qui ont le mérite, après avoir utilisé tous les outils en leur possession, de se faire entendre.

Via mon accès aux réseaux militants, j’ai accès à ces voix. L’information est partout. Souvent, on la côtoie sans même savoir qu’elle existe. Alors, avec mes outils, je me suis dit que je pouvais mettre de l’ordre dans tout cela et utiliser l’internet comme une fabuleuse source d’information sur l’Europe qui peut être présentée autrement. C’est devenu www.euwatch.eu

Je trouvais l’information européenne trop vieille école et je voulais l’avoir dans ma poche, accessible, en temps quasi réel.

L’objectif de BE2505/Begov Veille informativesur les élections régionales, fédérales belges et européennes était d’avoir, en un seul endroit, toute la communication officielle des partis en lice, mais aussi de comparer et d’afficher cela en phase avec l’impression et les réactions des internautes qui suivent les élections via les réseaux sociaux.

Je trouvais que l’information européenne était dans un sillon inaccessible au commun des citoyens: des sites trop vieux, trop compliqués pour ‘monsieur tout le monde’, très statiques parfois et ne reflétant pas les grand sujets (TTIP, austérité, OGM, protection des données) traités par les Institutions au moment où ces sujets sont en débat ou en phase de vote. Je trouvais l’information européenne trop fragmentée, trop ‘vieille école’ et je voulais l’avoir dans ma poche, accessible, en temps quasi réel.

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